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Conférence du Père Christian Delorme : "Fêter Noël dans un monde en souffrance"

christian-delormeIl faut prendre acte, en 2011, que nous vivons dans une société nouvelle où l’on constate que la France a bien résisté à la montée de la déchristianisation. La Révolution française  et les deux grandes guerres ont fait décrocher les croyants. En quittant la campagne, les villageois ont perdu l’habitude de pratiquer leur religion, qui allait de soi autour du clocher. Dans le futur, un effondrement important va avoir lieu : on va reconstituer de petites communautés, comme à l’origine du christianisme. La perte de foi est un phénomène collectif ; on ne doit pas se sentir coupable. Notre époque de liberté est un facteur d’indifférence. La société actuelle, très sécuritaire, empêche d’avoir recours à Dieu.

 

Avec l’Islam, les gens ont peur de voir le christianisme disparaître. Il faut analyser objectivement la situation en se méfiant des images véhiculées par la télévision, faisant un amalgame des banlieues et de la population maghrébine. La délinquance en France est surtout due aux problèmes sociaux. N’oublions pas que la délinquance est la minorité de cette population. L’immense majorité des gens rêvent de vivre en paix et dignement. Le chômage est un facteur de révolte. C’est par le travail que l’intégration sera réussie. Les médias ne montrent que ce qui ne marche pas. Les « gens bien » ne font pas la une des journaux.

Notre humanité est un mélange de population, le métissage sera notre futur. C’est un grand défi. Il va falloir trouver de nouvelles fondations. L’œcuménisme nous a fait faire des progrès dans nos relations, face aux autres religions.

L’église sait reconnaître ce qui est vrai et saint dans les autres religions. On doit se rencontrer pour se comprendre ; par les échanges, nous découvrons ce qui nous unit. La diversité est aussi familiale. Beaucoup de jeunes vivent en couple et leurs parents n’ont pas vécu cela. Cette situation était impensable autrefois.

Il faut être en dialogue, ne pas craindre la discussion. C’est ce qui se passe avec la diplomatie, pour régler les conflits d’un pays à l’autre.

Avoir une ouverture avec autrui pour le comprendre ; il possède quelque chose que je n’ai pas. On doit régler nos divergences par le dialogue, sans conflit excessif.

A ses débuts, le christianisme a connu également des conflits :

- au 1er millénaire, l’église c’est l’Orient ;

- au 2ème millénaire, c’est Rome et l’Occident ;

- en ce début de 3ème millénaire, le centre du monde catholique est en Amérique du Sud, en Afrique et en Extrême Orient.

Pour que le monde change, nous devons accepter le métissage, parce que la diversité c’est la vie.

Notes prises par B. Lanoizelet