Venue à Lyon du père Jacques Mourad, moine syrien ancien otage de Daesh

Venue à Lyon du père Jacques Mourad, moine syrien ancien otage de Daesh

Samedi 15 février et dimanche 16 février, sera de passage à Lyon le père Jacques Mourad, moine syrien de rite syro-catholique, membre de la communauté Al-Khalil (l'Ami de Dieu) née il y a quelques années au monastère de Mar Moussa al-Habachi (Saint Moïse l'Abyssin), à quelques 90 km de Damas. 1115

Originaire de la ville syrienne d'Alep, Jacques Mourad est entré au monastère de Mar Moussa en 1991. 1109

Cinq ans plus tard, en 1996, il était invité par son évêque à aller restaurer un autre ancien monastère du Vème siècle tombé en ruines à quelques kilomètres de là, à Al-Qaryatayn, celui de Mar Elian (Saint Julien).

Jacques Mourad est un suiveur du père Paolo Dall'Oglio, un prêtre jésuite italien qui est à l'origine de la restauration du monastère de Mar Moussa al-Habachi, et qui a pensé la création d'une communauté contemplative vouée à la fraternité et à la réconciliation entre chrétiens et musulmans.

Le père Paolo Dall'Oglio a été enlevé le 29 juillet 2013 dans la ville de Raqqa, alors capitale du Califat islamique autoproclamé. Il n'a plus réapparu depuis, et il est raisonnable de croire qu'il a été assassiné.

Le 21 mai 2015, c'était au tour du père Jacques Mourad et d'un jeune postulant, Boutros, d'être enlevés par Daesh, l'État Islamique, dans leur monastère de Mar Elian (qui, depuis, a été entièrement détruit). Ils vont être gardés prisonniers à Raqqa, torturés, menacés d'être exécutés s'ils n'abjuraient pas leur foi chrétienne pour adhérer à l'islam, durant trois mois. Puis ils sont transférés à Palmyre... où ils retrouvent deux cent cinquante de leurs paroissiens de Al-Qaryatayn qui ont été pris en otages eux aussi.

Grâce à leurs anciens voisins et amis musulmans, Jacques Mourad et la quasi-totalité de ses paroissiens enlevés, vont pouvoir être libérés d'une manière quelque peu rocambolesque moins de deux mois plus tard.

Durant ses cinq mois de vie de prisonnier sous le régime de l'État Islamique, avec la possibilité d'être exécuté à n'importe quel moment, Jacques Mourad a trouvé la force pour survivre dans la prière (en particulier le Rosaire), mais aussi dans le dialogue avec ses geôliers, et dans le pardon qu'il a aussitôt accordé à ceux-ci.

Actuellement, le père Jacques Mourad est installé au Kurdistan Irakien, à Souleimanye, où vivent de très nombreux réfugiés syriens. Il a publié un ouvrage qui raconte son aventure : « Un moine en otage. Le combat pour la paix d'un prisonnier des djihadistes » (Éditions de l'Emmanuel).

Le père Jacques Mourad vient à Lyon à l'initiative de l'Association des Amis de Mar Moussa et avec le soutien de l'association L'Hospitalité d'Abraham. Son programme :

  • Samedi 15 février, à 16h : Conférence dans les locaux de l'église Saint-Michel de la Guillotière

(45, avenue Berthelot, Lyon 7ème).

  • Samedi 15 février, à 18h30 : Messe concélébrée et prédication en l'église Notre Dame Saint-Louis (1, rue de la Madeleine, Lyon 7ème).
  • Dimanche 16 février : Messe concélébrée à l'église Saint Romain à Caluire.

Edito de Février 2020

christian delorme

Deux cents ans de prière,

deux cents ans de messes et de sacrements.

L'église Saint Romain de Cuire, consacrée le 28 juillet 1820, atteint cette année ses deux cents ans ! Un anniversaire que nous fêterons plus particulièrement en mai prochain. Construite à l'époque de la Restauration, au temps du roi Louis XVIII, propriété communale depuis la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, cette église est la plus ancienne église de Caluire et Cuire et, sans nul doute, une des plus belles.

Au long de ces deux siècles, combien de personnes sont-elles venues prier en ce lieu, pour remercier Dieu ou le supplier ? Combien de messes ont-elles été dites, combien de sacrements ont-ils été dispensés ? Combien de cœurs en peine se sont-ils épanchés dans le secret ? Combien de larmes de joie ont-elles été versées ? Combien d'incroyants se sont-ils laissés toucher par la Présence divine et par la tendresse du Christ? Et l'on peut rajouter : combien de prêtres ont-ils officié dans cette église ? Combien de sermons (passionnants ou rébarbatifs !) ont-ils été délivrés ? Et aussi : combien de coups de serpillière ont-ils été donnés, combien de bouquets de fleurs ont-ils été confectionnés ?...

Les lieux de prière ont non seulement une histoire : ils sont des organismes vivants. Un lieu, un espace, un bâtiment, un appartement... est marqué, imprégné, par ce qui y a été vécu et par les gens qui l'ont habité ou animé plus ou moins longtemps. Il a sa respiration, son ambiance, ses odeurs, ses bruits, sa luminosité et ses obscurités. Il porte une mémoire. Pour le meilleur comme pour le pire. Si Lourdes renvoie partout au souvenir lumineux de la petite bergère Bernadette Soubirous et de sa rencontre avec Marie, le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau continue, soixante-quinze ans après sa libération, de faire entendre les cris muets de ses centaines de milliers de victimes. Ainsi existe-t-il des espaces où on se sent tout de suite bien, en paix, et d'autres, au contraire, qui vous oppressent. Des lieux qui réconcilient et des lieux qui divisent. Des sites qui font vivre, et d'autres qui font mourir. Des lieux qui vous plongent immédiatement dans le recueillement, et d'autres qui vous dispersent.

Dieu se rencontre partout pour qui veut bien s'ouvrir à sa Présence. Il est dans le « murmure d'une brise légère » (1 Rois 19, 13) comme dans le « saint des saints » des sanctuaires (tels le Temple de Jérusalem), et aussi dans le cœur de l'homme où Il désire pouvoir demeurer. Dans l'histoire de l'Alliance dont rend compte la Bible, la construction d'un grand sanctuaire pour y honorer le seul vrai Dieu s'est faite tardivement, preuve que la rencontre avec le Seigneur ne nécessite pas d'abord des bâtiments. En même temps, ces lieux consacrés spécialement à la rencontre, intime et collective, avec Dieu, sont précieux. Ils n'existeraient pas... il faudrait les inventer !

Depuis deux cents ans, l'église Saint Romain fait partie de la vie de Caluire et Cuire (la réunion de Cuire à Caluire s'étant faite en 1790). Notre ville ne serait pas la même sans elle. Il s'agit d'un patrimoine qui appartient à tous, et cela justifie que nous célébrions cet anniversaire.

Christian Delorme

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la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Avec sérénité, je prends acte de l’arrêt de la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Cette décision permet de tourner une page. Et pour l’Eglise de Lyon, c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre.

C’est pourquoi, de nouveau, je vais remettre ma charge d’archevêque de Lyon entre les mains du Pape François. Naturellement, si le Saint Père souhaite me voir, je me rendrai à Rome.

En mars dernier, il avait refusé ma démission, en acceptant que je me mette en retrait pendant la durée de la procédure judiciaire. Maintenant, je peux paisiblement renouveler ma demande.

Mes pensées vont vers les victimes. Avec bien d’autres frères et sœurs, je continuerai de prier pour elles et pour leurs familles, quotidiennement.

Priez pour moi, pour le diocèse de Lyon et chacun de ses habitants… pour « que tous soient un » (Jean 17, 21).

Philippe card. Barbarin