Solidarité avec les plus démunis face au Covid-19

Bonjour,

C'est un grand et chaleureux merci que je veux vous adresser après la belle rencontre que nous avons partagée ce samedi 12 septembre 2020 à la cathédrale. Merci pour le travail qui a été mené dans vos paroisses et mouvements tout au long de la crise sanitaire, vous appuyant souvent sur un investissement déjà présent.
Nous avons pu faire mémoire, par le témoignage, le partage et l’espérance, merci pour la dynamique de solidarité qui se joue là et qui reste absolument nécessaire dans les temps qui viennent.

C'est donc avec plaisir et déterminés que nous avons pu répondre à l'invitation de notre évêque,  Michel Dubost. Nous nous sommes retrouvés à près de 80  à la Cathédrale venant de 34 paroisses et d'une 10aine de mouvements.

           Samedi dans son mot d'accueil, Michel Dubost, constatant que la Covid pouvait avoir des conséquences sociales au-delà de la fin du confinement, a posé la question :   Maintenant que voulons-nous faire ? précisant que la contemplation n’a de sens que si nous nous laissons envahir par l’esprit du Christ centré sur la dignité de l’homme. Que chacun ait sa place dans la société pour que la société soit composée de gens responsables quelle que soit leur situation. Notre rôle est de les aider à prendre cette place. 
Il nous aussi a invité à regarder, ensuite à remarquer, soulignant que le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées, alors qu’autour de nous existe une solitude importante : personnes âgée, jeunes (15% d’entre eux éprouvent la solitude), femmes seules, enfants des rues, gens du voyage,  migrants, étudiants...

Maintenant nous voilà donc à retourner dans nos paroisses et mouvements pour répondre à ce qu’a exprimé Michel Dubost comme un envoi : « une supplication : parler de ces questions dans nos communautés paroissiales. Toute la communauté doit se préoccuper de l’attention aux pauvres. »

Merci et belle suite dans vos communautés de vie et de partage.

Amitiés, Luc Champagne

Groupe solidarité

Rencontre du samedi 12 septembre 2020

Groupe de partage – notes Philippe Brès

Participants du groupe :

Marie-Pierre, Conférence St Vincent de Paul paroisse de la Ste Trinité – Anna-Chiara, jeune Ste Trinité – Paul Bras, Conférence St Vincent de Paul St Didier au Mont d’Or-Limonest – Marie-Hélène Leborgne, Vaise – Geneviève Astier, responsable de la pastorale des personnes handicapées – Fabienne de Souza, Sappel – Philippe Brès, Sappel

Ce qui s’est fait et vécu pendant le confinement :

Conférence St Vincent de Paul :

            Marie-Pierre :

            on ne pouvait plus visiter les personnes, on a gardé les liens par téléphone. On a aussi noué des liens avec le CCAS, la banque alimentaire,… L’infirmière du CCAS nous a appelés pour que nous puissions aider de nombreux jeunes qui n’avaient plus de petits boulots et donc rien à manger. Mais la distribution alimentaire c’est épuisant : 20 à 25 personnes à livrer par semaine, de l’ordre de 250 à 300 kgs par semaine !

            Réaction d’un des participants : La remarque de Pierre Keller concernant la distribution de repas « versus » la distribution de « tickets-bons » est intéressante à soulever ici : il y a moins de distribution alimentaire à faire et on respecte la liberté de chacun de se confectionner lui-même son repas… pour ceux pour lesquels cela est possible !

            Paul :

            On faisait des visites, de l’accompagnement, du soutien scolaire, des maraudes. Cela s’est arrêté avec le confinement. On a maintenu le lien par le téléphone.

Anna-Chiara :

            au début du confinement, nous avons appelé tous les paroissiens pour récolter les numéros de téléphone de personnes seules, leur téléphoner et évaluer les besoins. 25 personnes se sont portées bénévoles pour cela, en plus de ceux de la Conférence St Vincent de Paul. Le Secours Catholique nous a aussi contactés pour aider des personnes isolées. Les tâches ont été réparties en fonction des bénévoles (selon l’âge souvent) pour des courses, appeler chaque semaine, d’autres tâches encore.

            On a créé « SOS Trinité » avec une ligne téléphonique. Des affiches éraient déployées dans le 8ème avec le numéro de téléphone. Des jeunes se sont mobilisés aussi, c’était très beau.

Marie-Hélène Leborgne :

            Je coordonne sur la paroisse les équipes qui vont dans les maisons de retraite. Pendant le confinement, le premier travail a été de garder le lien avec les équipes puis de lancer une dynamique paroissiale d’appels téléphoniques.

Geneviève Astier :

            ça a été très compliqué de garder des liens pendant le confinement avec les personnes handicapées : les personnes aveugles ne pouvaient pas toucher, les personnes sourdes ne pouvaient communiquer que très difficilement avec le masque (pas possible de lire sur les lèvres), il n’y avait plus de visites, plus de temps en groupe possible.

            On a conservé les liens qu’on pouvait par téléphone, par internet… Et la remise en route, jusqu’à aujourd’hui, c’est très compliqué !

Fabienne de Souza :

            Le Sappel a été un soutien extraordinaire. Moi je n’ai plus de famille, le Sappel c’est comme une famille pour moi. Confinée, j’étais stressée, comment vivre le confinement sans ce soutien ?

            J’ai été très émue de pouvoir lire devant des gens.

Pour la suite :

            Pastorale des personnes handicapées :

            reprendre des rencontres en présentiel pour renouer et garder les liens. Mais cela reste une question de maintenir ce lien car ce n’est pas gagné de partout de pouvoir reprendre !

            Comment rejoindre ceux qui ne font pas de bruit, ceux qu’on n’entend pas ? C’est une vraie question pour les paroisses. Cette année, notre objectif c’est de trouver un référent par paroisse de la pastorale des personnes handicapées.

            Avec les EHPAD :

            certaines personnes nous ont fait cette remarque : c’est merveilleux, on s’occupe plus de nous qu’avant ! Mais ceux qui sont seuls chez eux et pas en EHPAD, comment les rejoindre ? D’où l’importance de bâtir des liens, de créer des réseaux dans les paroisses avec des associations, des mairies, …

            Marie-Hélène Leborgne, en paroisse :

            c’est difficile de mobiliser sur tout cela, on n’a pas les ressources. Je m’épuise un peu. Comment mobiliser ? Faire appel aux associations, aux mouvements ?

            Sainte Trinité :

            on continue SOS Trinité, mon nom (Anna-Chiara) est donné dans la paroisse. On travaille pour répondre aux besoins spécifiques : les personnes isolées, celles qui ont des idées noires. C’est sous la forme d’une cellule d’écoute. On prévoit aussi un accueil différent dans l’église.

            Fabienne :

            moi avec mes voisins, dans mon quartier, j’ai monté un groupe avec lequel on faisait des goûters l’été et l’hiver. On attendait que les enfants sortent de l’école, on pouvait tricoter, broder, … Mais ce n’est plus possible avec le COVID, et les gens ont du mal à comprendre qu’on ait arrêté.

            Il faudrait essayer d’accompagner des jeunes qui veulent s’en sortir en faisant des études.

            Le Sappel :

            on a repris nos rencontres en respectant les gestes barrière. Cet été, on a adapté nos propositions en organisant simplement des journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible,…), de création artistique. On va s’adapter aux nouveaux contextes pour continuer à vivre une fraternité qui tient ensemble, qui relève chacun.

 

« Tends ta main aux pauvres. » Si. 7,32

Titre du  message pour la Journée mondiale des pauvres du pape François, le 15 novembre 2020 

Retour de la rencontre du 12 septembre 2020 à la cathédrale Saint Jean de Lyon

« Il faut que dans les paroisses nous ne soyons pas seulement des individus qui fassions quelque chose, mais qu’aussi agisse la paroisse en tant que communauté. Être chrétien en effet, c’est écouter ( le cri de la Terre – le cri du pauvre) ; c’est agir ; c’est oser dire au nom de qui nous agissons. Nous ne sommes pas seuls : pour écouter il faut être avec les autres ; pour agir, il faut être ensemble. »

C'est par ces mots que notre évêque, le Père Michel Dubost, a accueilli les 80 représentants des 35 paroisses et de la 10aine de mouvements qui ont souhaité partager la dynamique solidaire qui a été à l’œuvre dès le début de la crise sanitaire.

Rappelant la parole du Pape François selon laquelle la solidarité est précisément une voie pour sortir meilleur de la crise, le Père Éric Mouterde a introduit les différents témoignages proposés à l’assemblée dont il se dégage deux lignes directrices : la joie de servir et la joie d’aimer. Entre vidéos et prises de paroles nous avons découvert la paroisse de Vaugneray qui s'est lancée dans la confection de blouses pour les hôpitaux et la distribution de masques ; le Secours Catholique a fait témoigner une jeune femme migrante qui a été aidée et soutenue durant le temps du confinement ; la Communauté du Sappel à Vénissieux a fait témoigner une jeune femme handicapée et sous tutelle ; Notre Dame des sans abri a donné la parole aux  gens de la rue ; un membre du Service évangélique des malades nous a dit ses visites à domicile ; enfin un migrant a pris la parole avec l'Aclaam, la cellule Migrants du diocèse…

L’assemblée s’est répartie ensuite par petits groupes pour que chacun fasse part de son expérience à la lumière des deux questions suivantes :

1 - Avec qui, comment et en quoi la crise sanitaire a-t-elle stimulé votre paroisse ou votre mouvement dans l’attention aux plus fragiles ? 

2 - Pour la suite, face à la crise économique et sociale qui se profile, quelle dynamique, quels moyens allez-vous mettre en œuvre pour poursuivre cette attention aux plus fragiles ?

A la 1ère question on peut repérer bien des initiatives ont été conduites en lien avec d'autres associations chrétiennes ou non, mais aussi avec les services des mairies. Ces initiatives solidaires ont été souvent la poursuite d'un travail déjà entrepris, mais la crise a aussi stimulé des nouvelles initiatives. Dans certains cas ce temps très particulier a permis à bien des personnes de se lancer dans des actions d'aide, mais on doit aussi noter que certaines associations ont dû cesser leurs activités car souvent animé par des personnes que leurs fragilités, leur âge obligeaient à rester confinés.

Reste que tout cela a permis des actions à « la Prévert », tant les initiatives ont été diverses selon les paroisses ou les mouvements, selon les possibilités et les moyens des uns et des autres, selon les publics qui ont pu être rejoints… Ainsi le soutien scolaire auprès des jeunes migrants, les efforts liturgiques par vidéo dans le temps de confinement, les maraudes pour apporter des repas et produits d'hygiène aux gens de la rue, les appels téléphoniques aux personnes seules, les affiches dans les halls d'immeubles pour dire les disponibilités pour les courses, les informations données pour rejoindre des organismes d'aides ou de soutien comme les CCAS, la confection de colis solidaires en lien avec des producteurs locaux, des courriers aux prisonniers ou aux résidents d'Ehpad, l'ouverture d'une nouvelle structure d'accueil pour des femmes seules avec enfants, travail d'aide en lien avec les services sociaux des mairies, la création d'un accueil de jour ouvert une fois/semaine..., trouver l’équilibre entre l’aide directe et la mise à disposition de chèques-service…

Mais il faut cependant souligner que des difficultés ont surgi pour rejoindre des personnes isolées car non repérées, ou non joignables. Si Internet a été un outil utile, son absence, chez certains, a contribué à les marginaliser encore, notamment pour les enfants qui n'ont pas pu être rejoints par leurs enseignants ou pour certaines personnes âgées. La distanciation sociale met en  difficultés aggravées les sourds et les aveugles dans leurs relations sociales.

A la 2ème question, en fait, nous avons essayé de répondre en même temps à cette interpellation de Michel Dubost qui a lancé : « Et maintenant que voulons-nous faire ? » « Nous » ce sont les paroissiens et les membres de nos mouvements ; mais « nous » c’est aussi nous et les autres acteurs de la solidarité que nous savons rejoindre dans la vie de la société ; « nous » c’est aussi nous et les personnes en précarité qui sont aussi acteurs de leur vie.

Dans cet esprit commun les petits groupes ont donc ouvert des pistes : conforter ou ouvrir des pôles Solidarité dans nos paroisses ; se libérer des peurs, s’ouvrir à la dimension spirituelle de la charité ; s’appuyer sur celles et ceux qui se sont engager lors du confinement ; poursuivre les actions nouvelles initiées pendant cette période : confections de paniers solidaires, visites dans les Ehpad et à domiciles, poursuivre les trocs services / compétences ; travailler à rejoindre les « invisibles » isolés, étrangers, personnes âgées, malades, mères célibataires.. ; commencer à penser les conséquences de l’hiver sur les plus démunis ; donner leur place aux jeunes avec leur propre approche de l’engagement ; voir les possibilités  des entreprises pour que les salariés donnent de leur temps et/ou qu’elles mettent à disposition des logements ; nécessité de retrouver des contacts en présentiel pour des relations plus chaleureuses ; trouver un référent par paroisse pour la pastorale des personnes handicapées ou isolées ; création de cellules d’écoute dans les paroisses ; créations de journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible, …), de création artistique…

Comme envoi, le Père Michel Dubost nous a invité d’abord à regarder, ensuite à remarquer, car le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées. Il faut donc de la créativité : Soyons des chercheurs qui créent le lien, dit-il, mais attention : il s’agit de s’engager dans la durée. 

Voir aussi son message : « Laissez-moi vous parler d’amour. »

Merci à toutes celles et ceux qui ont permis ce compte rendu, notamment Irène Madzar et Jean Michel Ghinsberg 

la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Avec sérénité, je prends acte de l’arrêt de la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Cette décision permet de tourner une page. Et pour l’Eglise de Lyon, c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre.

C’est pourquoi, de nouveau, je vais remettre ma charge d’archevêque de Lyon entre les mains du Pape François. Naturellement, si le Saint Père souhaite me voir, je me rendrai à Rome.

En mars dernier, il avait refusé ma démission, en acceptant que je me mette en retrait pendant la durée de la procédure judiciaire. Maintenant, je peux paisiblement renouveler ma demande.

Mes pensées vont vers les victimes. Avec bien d’autres frères et sœurs, je continuerai de prier pour elles et pour leurs familles, quotidiennement.

Priez pour moi, pour le diocèse de Lyon et chacun de ses habitants… pour « que tous soient un » (Jean 17, 21).

Philippe card. Barbarin

2019 18 03 Echos du Colloque interreligieux au Châtelard

thème « Transmission de la foi : fidélité et invention »

Les débats ont été animés par Béatrice Soltner.

Avec l’intervention du Rabbin Haïm Casas 1, Rabbin Haïm Casas 2 Rabbin de la Communauté Juive Libérale de Lyon, du Père Christian Delorme 1, Père Christian Delorme 2, Délégué épiscopal aux relations islamo-chrétiennes et de Rachid Benzine 1 , Rachid Benzine 2 , Rachid Benzine 3 , Rachid Benzine 4 Islamologue, chercheur associé au fonds Paul Ricœur.