L'Abbé Paul COUTURIER, apôtre lyonnais de l'œcuménisme

Voici quatre-vingt-six ans, en janvier 1935, un prêtre lyonnais, membre de la Société des prêtres de Saint Irénée, professeur de sciences physiques au Collège des Chartreux à la Croix-Rousse, l'abbé Paul Couturier, lançait à Lyon, dans la chapelle des sœurs de l'Adoration Réparatrice de la rue Henri IV, la Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens. Ainsi, ce prêtre effacé et austère, a apporté une contribution majeure à la dynamique de réconciliation des Eglises chrétiennes et est devenu (sans le savoir !) un précurseur du Concile Vatican II.

Paul Couturier est né à Lyon le 29 juillet 1881, au sein d'une famille pieuse de la bourgeoisie de cette ville (son grand-oncle est lui-même prêtre de la Société Saint Irénée). Il passe son enfance dans le quartier de la Guillotière, fait sa première communion en juin 1893 à l'église Saint Nizier, effectue ses études au Collège des Lazaristes, et se sent très rapidement appelé à la prêtrise. Il accomplit sa formation en ce sens au Séminaire diocésain Saint-Irénée, et est ordonné prêtre le 9 juin 1906. Alors que ce n'est pas son inclination, ses supérieurs lui demandent de préparer une licence de sciences physiques aux Facultés catholiques de Lyon, et il devient professeur de sciences au Collège des Chartreux. Il enseignera près de quarante ans dans cette institution !

En 1923, alors qu'il a 42 ans, il lui est demandé par l'archevêque de Lyon, le cardinal Maurin, de contribuer à l'accueil dans le diocèse des réfugiés russes qui ont fui la révolution bolchévique de 1917, en lien avec le Comité lyonnais d'assistance aux réfugiés russes créé par des pères jésuites à l'instigation du Saint Siège. Au contact de ces exilés, il découvre et se passionne pour la tradition orthodoxe. Mais c'est seulement après une retraite vécue l'été 1932 en Belgique chez les bénédictins d'Amay-sur-Meuse, que le désir d'œuvrer à la réconciliation des chrétiens séparés devient chez lui un impératif. Quelques mois après celle-ci, en janvier 1933, il organise à Lyon, à l'église Saint François de Sales, une première rencontre spirituelle œcuménique de trois jours. Dès lors, les initiatives vont s'enchaîner. En octobre 1934, il rencontre l'archevêque orthodoxe russe Euloge, métropolite chargé des exilés russe en Europe. En 1936, il impulse une rencontre spirituelle interconfessionnelle entre pasteurs protestants et prêtres catholiques, la première du genre, à Erlenbach, en Suisse alémanique. De cette rencontre naîtra le Groupe des Dombes, qui réunit toujours des théologiens-nes catholiques et protestants-es. En 1937 et 1938, il accomplit deux séjours en Angleterre, à la découverte de l'Eglise Anglicane. En 1939, il fait la connaissance du pasteur hollandais Willem Vissert's Hooft, qui sera un des fondateurs, en 1948, du Conseil Œcuménique des Eglises à Genève. A l'automne 1942, il rencontre à Lyon le pasteur helvétique Roger Schütz, qui est en voie de créer à Taizé, en Saône et Loire, dans le cadre du protestantisme, une communauté monastique. Cette même année, il lance un bulletin, « Pages Documentaires », qui deviendra plus tard la revue « Unité chrétienne ».

De pensée plutôt conservatrice à l'origine, l'abbé Paul Couturier est amené, par ses diverses rencontres, à devenir de plus en plus ouvert intellectuellement et humainement. Il a eu pour condisciple dans ses études l'abbé Laurent Rémillieux, le prophétique curé de la paroisse Notre Dame de Saint-Alban érigée en 1924 dans le quartier de Grange Blanche, notamment promoteur de l'amitié franco-allemande. Paul Couturier fréquente cette dynamique paroisse, terreau de nombreuses innovations et ouvertures, où l'on retrouve aussi l'abbé Jules Monchanin, pionnier du dialogue interreligieux. Paul Couturier est particulièrement soutenu, humainement, spirituellement et financièrement par l'industriel Victor Carlhian, membre du Sillon créé par Marc Sangnier. A cause de ses liens avec des Britanniques, il est arrêté en avril 1944 par la Gestapo et reste incarcéré deux mois au Fort Montluc. La grande intuition qu'il a eue, c'est que les chrétiens de toutes confessions devaient se réunir pour prier pour leur unité, et qu'il ne s'agissait pas que les catholiques prient pour la conversion au catholicisme des baptisés des autres Eglises.

L'abbé Paul Couturier meurt à Lyon le 24 mars 1953. Son œuvre va rayonner mondialement.

la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Avec sérénité, je prends acte de l’arrêt de la Cour d’appel de Lyon qui a déclaré que je ne suis pas coupable de ce dont on m’accusait.

Cette décision permet de tourner une page. Et pour l’Eglise de Lyon, c’est l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre.

C’est pourquoi, de nouveau, je vais remettre ma charge d’archevêque de Lyon entre les mains du Pape François. Naturellement, si le Saint Père souhaite me voir, je me rendrai à Rome.

En mars dernier, il avait refusé ma démission, en acceptant que je me mette en retrait pendant la durée de la procédure judiciaire. Maintenant, je peux paisiblement renouveler ma demande.

Mes pensées vont vers les victimes. Avec bien d’autres frères et sœurs, je continuerai de prier pour elles et pour leurs familles, quotidiennement.

Priez pour moi, pour le diocèse de Lyon et chacun de ses habitants… pour « que tous soient un » (Jean 17, 21).

Philippe card. Barbarin

2019 18 03 Echos du Colloque interreligieux au Châtelard

thème « Transmission de la foi : fidélité et invention »

Les débats ont été animés par Béatrice Soltner.

Avec l’intervention du Rabbin Haïm Casas 1, Rabbin Haïm Casas 2 Rabbin de la Communauté Juive Libérale de Lyon, du Père Christian Delorme 1, Père Christian Delorme 2, Délégué épiscopal aux relations islamo-chrétiennes et de Rachid Benzine 1 , Rachid Benzine 2 , Rachid Benzine 3 , Rachid Benzine 4 Islamologue, chercheur associé au fonds Paul Ricœur.