Edito de Mars 2020

Partageons l'Evangile en petits groupes durant ce temps de Carême !
L'Evangile est notre nourriture. Beaucoup d'entre nous en font une lecture quotidienne personnelle. Nous l'écoutons, l'entendons commenté, le méditons chaque dimanche. A travers les témoignages de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean, nous nous retrouvons en présence du Christ Jésus. Nous contemplons sa personne, son action, revivons les rencontres qu'il a faites voici quelque deux mille ans. Nous recevons les mots de lui qui nous sont rapportés comme une parole de vie pour aujourd'hui. Quand Jésus parle aux premiers disciples, s'adresse à Zachée à Jéricho, à l'aveugle de Siloé ou à la Samaritaine au puits de Jacob, c'est à moi qu'il parle maintenant ! Et ses grands discours aux foules de Galilée ou de Judée, c'est à nos sociétés présentes qu'il les délivre encore !

Le Jésus des textes évangéliques habite nos têtes et nos cœurs. Depuis le temps que nous côtoyons l'Evangile, chacun de nous, d'une certaine façon, est en son être intérieur un paysage évangélique ! Et Jésus circule en nous comme il marchait sur les chemins de Galilée, de Samarie et de Judée, ou encore dans la région de Tyr et de Sidon. Notre imaginaire, notre sensibilité et notre intelligence sont peuplés de tous les personnages dont la trace a été conservée par les quatre évangélistes. Ainsi sommes-nous capables de faire spontanément le lien entre des événements vécus dans notre présent, et ceux qui sont décrits dans les pages du Nouveau Testament.

Que nous ayons quarante, soixante ou quatre-vingt-dix ans de vie chrétienne, la lecture, l'écoute, la méditation de l'Evangile ne constituent jamais une répétition. Parce que l'Evangile reste une parole vivante, nous pouvons à chaque fois y découvrir des choses nouvelles. Une scène, une parole, un mot que jusque-là nous n'avions pas remarqués, soudain viennent nous « percuter » et prennent une importance que l'on ne pouvait imaginer.

Lire l'Evangile seul, dans le secret de sa chambre est une chose. L'entendre dans une assemblée dominicale à l'église en est une autre. Dans les deux situations, l'expérience est différente, les fruits différents, car dans le premier cas il s'agit d'une lecture priante, méditative ; et dans le deuxième cas d'une lecture enseignante et édifiante. Mais il est une troisième voie : lire l'Evangile en petit groupe, et partager avec les participants à celui-ci ce que nous venons d'y trouver. Une lecture contemplative et interactive !

C'est notre proposition pour ce Carême 2020. Nous aimerions que, dans différentes maisons de notre quartier, deux fois au cours des prochaines semaines, des petits groupes de quatre à six personnes se retrouvent, en après-midi ou en soirée, une heure et demie seulement, autour d'un passage d'Evangile. Une autre manière de « faire Eglise » que celle de venir à la messe. Une autre manière d'expérimenter la promesse de Jésus :

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux » (Matthieu 18, 20).

Christian Delorme