L'Encyclique "Fratelli tutti" synthèse

en quelques commentaires... 

« Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. Bien que je l’aie écrite à partir de mes convictions chrétiennes qui me soutiennent et me nourrissent, j’ai essayé de le faire de telle sorte que la réflexion s’ouvre au dialogue avec toutes les personnes de bonne volonté. »« La pandémie de la Covid-19 a mis à nu nos fausses certitudes, l’incapacité d’agir ensemble a été dévoilée ; on a observé une fragmentation ayant rendu plus difficile la résolution des problèmes qui nous touchent tous. »  Si quelqu’un croit qu’il ne s’agirait que d’assurer un meilleur fonctionnement de ce que nous faisions auparavant, ou que le seul message est que nous devrions améliorer les systèmes et les règles actuelles, celui-là est dans le déni. »

Pape François 

« Une vision claire, passionnante et ambitieuse du rôle de l'amitié et de la solidarité humaines comme base d'un meilleur ordre mondial futur »« Il s'agit d'un document véritablement œcuménique »« Ce remarquable Pape François a rendu un service au monde en rassemblant dans un seul texte une telle richesse de connaissances sur certains des problèmes les plus urgents de notre époque » ... « C'est un volume qui mérite d'être lu et relu. J'espère sincèrement qu'il sera non seulement lu, mais qu'il sera mis en pratique par les dirigeants du monde entier. »

Justin Welby,

Archevêque de Canterbury et primat de la Communion anglicane

« Le Pape François n’est pas irénique ; il ne dit pas que tous les conflits peuvent être réglés par l’amitié sociale. Mais il pose une question essentielle : pourquoi croître économiquement s’il n’y a pas à l’horizon un projet à même d’unir toute l’humanité ? »

Mgr Ravel,

Archevêque de Strasbourg, évêque aux armées françaises de 2009 à 2017

Dans l'attente de la conférence du Père Christian Delorme au sujet de l'encyclique « Fratelli tutti » du Pape François, qui se tiendra dans l'église St Romain au cours de la Semaine de Prière pour l'Unité des Chrétiens – du 18 au 25 janvier 2021 - nous vous invitons à prendre connaissance au préalable de cet ouvrage essentiel consacré à la fraternité et à l'amitié sociale.

Vous pouvez l'acquérir dès à présent au prix librairie de 4,50 :

  • à la Maison Paroissiale de St Romain et lors des permanences d’accueil

(à partir du 15/12)

  • à l'issue des messes dominicales.

 

L’espérance chrétienne

Extrait de la « Lettre de Taizé » (avril 2003)

Dans un temps où l’on a souvent du mal à trouver des raisons d’espérer, ceux qui mettent leur confiance dans le Dieu de la Bible ont plus que jamais le devoir de « justifier leur espérance devant ceux qui leur en demandent compte. » (1 Pierre 3,15). À eux de saisir ce que l’espérance de la foi contient de spécifique, pour pouvoir en vivre.

Or, même si, par définition, l’espérance vise l’avenir, pour la Bible elle s’enracine dans l’aujourd’hui de Dieu. Dans la Lettre 2003 frère Roger (mort assassiné le 16 août 2005 à Taizé) le rappelle : « La source de l’espérance est en Dieu qui ne peut qu’aimer et qui nous cherche inlassablement. »

                            Comment vivre de l’espérance chrétienne ?

L’espérance biblique et chrétienne ne signifie pas une vie dans les nuages, le rêve d’un monde meilleur. Elle n’est pas une simple projection de ce que nous voudrions être ou faire. Elle nous porte à voir les semences de ce monde nouveau déjà présentes aujourd’hui, à cause de l’identité de notre Dieu, à cause de la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Cette espérance est en plus une source d’énergie pour vivre autrement, pour ne pas suivre les valeurs d’une société fondée sur le désir de possession et de compétition.

Dans la Bible, la promesse divine ne nous demande pas de nous asseoir et d’attendre passivement qu’elle se réalise, comme par magie. Avant de parler à Abraham d’une vie en plénitude qui lui est offerte, Dieu lui dit : « Quitte ton pays et ta maison pour la terre que je te ferai voir. » (Genèse 12,1). Pour entrer dans la promesse de Dieu, Abraham est appelé à faire de sa vie un pèlerinage, à vivre un nouveau commencement.

De même, la bonne nouvelle de la résurrection n’est pas une manière de nous détourner des tâches d’ici-bas, mais un appel à nous mettre en route. « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? … Allez par le monde entier, proclamer l’Évangile à toutes les créatures… Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1,11; Marc 16,15; Actes 1,8).

Sous l’impulsion de l’Esprit du Christ, les croyants vivent une solidarité profonde avec l’humanité coupée de ses racines en Dieu. Écrivant aux Romains, Saint Paul évoque les souffrances de la création en attente, les comparant aux douleurs de l’enfantement. Puis il continue : « Nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement. » (Romains 8,18-23). Notre foi ne nous met pas dans un état privilégié, hors du monde, nous « gémissons » avec le monde, partageant sa douleur, mais nous vivons cette situation dans l’espérance, sachant que, dans le Christ, « les ténèbres passent et que déjà luit la lumière véritable. » (1 Jean 2,8)

Espérer, c’est donc d’abord découvrir aux profondeurs de notre aujourd’hui une Vie qui va de l’avant et que rien ne peut arrêter. C’est encore accueillir cette Vie par un oui de tout notre être. En nous lançant dans cette Vie, nous sommes conduits à poser, ici et maintenant, au milieu des aléas de notre existence en société, des signes d’un autre avenir, des semences d’un monde renouvelé qui, le moment venu, porteront leur fruit.

Pour les premiers chrétiens, le signe le plus clair de ce monde nouveau était l’existence des communautés composées de gens d’origines et de langues diverses. À cause du Christ, ces petites communautés surgissaient partout dans le monde méditerranéen. Dépassant les divisions de toutes sortes qui les tenaient loin les uns des autres, ces hommes et femmes vivaient comme des frères et des sœurs, comme la famille de Dieu, priant ensemble et partageant leurs biens selon les besoins de chacun (cf. Actes 2,42-47). Ils s’efforçaient d’avoir « un même amour, une seule âme, un seul sentiment. » (Philippiens 2,2). Ainsi ils brillaient dans le monde comme des foyers de lumière (cf. Philippiens 2,15).                 Dès ses débuts, l’espérance chrétienne a allumé un feu sur la terre.

Un essai de solidarité/fraternité avec nos frères migrants

Plusieurs membres de notre communauté paroissiale de Cuire sont engagés dans la présence aux migrants qui sont venus chercher refuge dans notre métropole de Lyon. Voici près de deux ans, ainsi, dans le cadre d'un soutien humanitaire apporté aux habitants d'un squat situé à Villeurbanne-Cusset (« L'Amphi Z »), était créée à partir de nos paroisses l'association Vivre Dignement dans notre Métropole (VDM), que préside notre ami Olivier Thomas, à laquelle ont adhéré près de 80 paroissiens. Parmi les participants à nos eucharisties dominicales, se trouve Etienne Bechaux, président de l'ACLAAM, l'Association Catholique pour l'Accueil et l'Accompagnement des Migrants créée dans notre diocèse en 2015 pour soutenir toutes les initiatives des paroisses relatives à cette solidarité. Il y a aussi Frédéric et Marie-Thérèse Monget, très actifs dans le collectif qui, deux ans durant, a apporté son soutien aux occupants du squat de l'ex-collège Maurice Scève de la Croix-Rousse. Et puis François-Régis et Marie Lacroix, qui portent particulièrement le souci du sort des mineurs isolés.

C'est justement par souci du devenir des habitants du squat Maurice Scève que, ces derniers douze mois, j'ai été amené à exercer une mission de médiateur, à la demande du préfet de Région, des responsables de la Métropole, du collectif de soutien et des référents-habitants. Ce mardi 27 octobre, comme cela était prévu, le squat a été fermé. Très bien préparé par les Services de l'Etat, par les responsables de la Métropole, les principaux soutiens et les référents-habitants, cette fermeture de squat s'est déroulée dans le calme et, surtout, dans le respect de la dignité des 152 jeunes qui se trouvaient encore sur le site. A certaines périodes, cet ancien collège à l'abandon a abrité plus de 400 jeunes, tous de jeunes sub-Sahariens (majoritairement guinéens, ivoiriens et gambiens) ! Entre mars et ces derniers jours d'octobre, la solidarité manifestée par beaucoup, la médiation et la bonne volonté des Services de l'Etat et des responsables de la Métropole ont permis que soient orientés vers des hébergements normaux plus de 400 jeunes gens. Un résultat satisfaisant... mais qui est loin de tout régler ! En effet, dans notre métropole, ce sont chaque mois quelque 600 nouveaux demandeurs d'asile qui arrivent, et l'Etat ne parvient à héberger qu'environ 30 % d'entre eux, les autres devant se débrouiller par eux-mêmes ! D'où l'existence des squats. Et quand l'un de ceux-ci est fermé, d'autres voient leurs populations gonfler... et d'autres se créent. Ainsi existe-t-il à Caluire, depuis décembre 2019, à quelques mètres de l'église Sainte Bernadette, au 60, rue Pasteur (dans une ancienne annexe de l'hôpital du Vinatier), un squat qui rassemble plus de 60 Africains, dont quelques couples. A Feyzin, c'est un squat de plusieurs centaines de personnes qui s'est développé et continue de grandir, dans les locaux d'une ancienne école...

Entre juin 2018 et septembre 2019, a vécu au presbytère de Saint-Romain, à mes côtés, Fouad, demandeur d'asile guinéen. Puis lui ont succédé Roland, camerounais, et Mahamat, tchadien. Mahamat, qui a obtenu la reconnaissance du statut de réfugié, est toujours là, serviable et souriant. L'ont rejoint depuis quelques semaines Aboubacar, guinéen, et Klo Allassane, ivoirien, l'un et l'autre ayant été deux des huit référents-habitants de l'ex-squat Maurice-Scève.

Merci à vous tous de me permettre de vivre cette proximité.

Christian Delorme

Bonjour,

C'est un grand et chaleureux merci que je veux vous adresser après la belle rencontre que nous avons partagée ce samedi 12 septembre 2020 à la cathédrale. Merci pour le travail qui a été mené dans vos paroisses et mouvements tout au long de la crise sanitaire, vous appuyant souvent sur un investissement déjà présent.
Nous avons pu faire mémoire, par le témoignage, le partage et l’espérance, merci pour la dynamique de solidarité qui se joue là et qui reste absolument nécessaire dans les temps qui viennent.

C'est donc avec plaisir et déterminés que nous avons pu répondre à l'invitation de notre évêque,  Michel Dubost. Nous nous sommes retrouvés à près de 80  à la Cathédrale venant de 34 paroisses et d'une 10aine de mouvements.

           Samedi dans son mot d'accueil, Michel Dubost, constatant que la Covid pouvait avoir des conséquences sociales au-delà de la fin du confinement, a posé la question :   Maintenant que voulons-nous faire ? précisant que la contemplation n’a de sens que si nous nous laissons envahir par l’esprit du Christ centré sur la dignité de l’homme. Que chacun ait sa place dans la société pour que la société soit composée de gens responsables quelle que soit leur situation. Notre rôle est de les aider à prendre cette place. 
Il nous aussi a invité à regarder, ensuite à remarquer, soulignant que le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées, alors qu’autour de nous existe une solitude importante : personnes âgée, jeunes (15% d’entre eux éprouvent la solitude), femmes seules, enfants des rues, gens du voyage,  migrants, étudiants...

Maintenant nous voilà donc à retourner dans nos paroisses et mouvements pour répondre à ce qu’a exprimé Michel Dubost comme un envoi : « une supplication : parler de ces questions dans nos communautés paroissiales. Toute la communauté doit se préoccuper de l’attention aux pauvres. »

Merci et belle suite dans vos communautés de vie et de partage.

Amitiés, Luc Champagne

Groupe solidarité

Rencontre du samedi 12 septembre 2020

Groupe de partage – notes Philippe Brès

Participants du groupe :

Marie-Pierre, Conférence St Vincent de Paul paroisse de la Ste Trinité – Anna-Chiara, jeune Ste Trinité – Paul Bras, Conférence St Vincent de Paul St Didier au Mont d’Or-Limonest – Marie-Hélène Leborgne, Vaise – Geneviève Astier, responsable de la pastorale des personnes handicapées – Fabienne de Souza, Sappel – Philippe Brès, Sappel

Ce qui s’est fait et vécu pendant le confinement :

Conférence St Vincent de Paul :

            Marie-Pierre :

            on ne pouvait plus visiter les personnes, on a gardé les liens par téléphone. On a aussi noué des liens avec le CCAS, la banque alimentaire,… L’infirmière du CCAS nous a appelés pour que nous puissions aider de nombreux jeunes qui n’avaient plus de petits boulots et donc rien à manger. Mais la distribution alimentaire c’est épuisant : 20 à 25 personnes à livrer par semaine, de l’ordre de 250 à 300 kgs par semaine !

            Réaction d’un des participants : La remarque de Pierre Keller concernant la distribution de repas « versus » la distribution de « tickets-bons » est intéressante à soulever ici : il y a moins de distribution alimentaire à faire et on respecte la liberté de chacun de se confectionner lui-même son repas… pour ceux pour lesquels cela est possible !

            Paul :

            On faisait des visites, de l’accompagnement, du soutien scolaire, des maraudes. Cela s’est arrêté avec le confinement. On a maintenu le lien par le téléphone.

Anna-Chiara :

            au début du confinement, nous avons appelé tous les paroissiens pour récolter les numéros de téléphone de personnes seules, leur téléphoner et évaluer les besoins. 25 personnes se sont portées bénévoles pour cela, en plus de ceux de la Conférence St Vincent de Paul. Le Secours Catholique nous a aussi contactés pour aider des personnes isolées. Les tâches ont été réparties en fonction des bénévoles (selon l’âge souvent) pour des courses, appeler chaque semaine, d’autres tâches encore.

            On a créé « SOS Trinité » avec une ligne téléphonique. Des affiches éraient déployées dans le 8ème avec le numéro de téléphone. Des jeunes se sont mobilisés aussi, c’était très beau.

Marie-Hélène Leborgne :

            Je coordonne sur la paroisse les équipes qui vont dans les maisons de retraite. Pendant le confinement, le premier travail a été de garder le lien avec les équipes puis de lancer une dynamique paroissiale d’appels téléphoniques.

Geneviève Astier :

            ça a été très compliqué de garder des liens pendant le confinement avec les personnes handicapées : les personnes aveugles ne pouvaient pas toucher, les personnes sourdes ne pouvaient communiquer que très difficilement avec le masque (pas possible de lire sur les lèvres), il n’y avait plus de visites, plus de temps en groupe possible.

            On a conservé les liens qu’on pouvait par téléphone, par internet… Et la remise en route, jusqu’à aujourd’hui, c’est très compliqué !

Fabienne de Souza :

            Le Sappel a été un soutien extraordinaire. Moi je n’ai plus de famille, le Sappel c’est comme une famille pour moi. Confinée, j’étais stressée, comment vivre le confinement sans ce soutien ?

            J’ai été très émue de pouvoir lire devant des gens.

Pour la suite :

            Pastorale des personnes handicapées :

            reprendre des rencontres en présentiel pour renouer et garder les liens. Mais cela reste une question de maintenir ce lien car ce n’est pas gagné de partout de pouvoir reprendre !

            Comment rejoindre ceux qui ne font pas de bruit, ceux qu’on n’entend pas ? C’est une vraie question pour les paroisses. Cette année, notre objectif c’est de trouver un référent par paroisse de la pastorale des personnes handicapées.

            Avec les EHPAD :

            certaines personnes nous ont fait cette remarque : c’est merveilleux, on s’occupe plus de nous qu’avant ! Mais ceux qui sont seuls chez eux et pas en EHPAD, comment les rejoindre ? D’où l’importance de bâtir des liens, de créer des réseaux dans les paroisses avec des associations, des mairies, …

            Marie-Hélène Leborgne, en paroisse :

            c’est difficile de mobiliser sur tout cela, on n’a pas les ressources. Je m’épuise un peu. Comment mobiliser ? Faire appel aux associations, aux mouvements ?

            Sainte Trinité :

            on continue SOS Trinité, mon nom (Anna-Chiara) est donné dans la paroisse. On travaille pour répondre aux besoins spécifiques : les personnes isolées, celles qui ont des idées noires. C’est sous la forme d’une cellule d’écoute. On prévoit aussi un accueil différent dans l’église.

            Fabienne :

            moi avec mes voisins, dans mon quartier, j’ai monté un groupe avec lequel on faisait des goûters l’été et l’hiver. On attendait que les enfants sortent de l’école, on pouvait tricoter, broder, … Mais ce n’est plus possible avec le COVID, et les gens ont du mal à comprendre qu’on ait arrêté.

            Il faudrait essayer d’accompagner des jeunes qui veulent s’en sortir en faisant des études.

            Le Sappel :

            on a repris nos rencontres en respectant les gestes barrière. Cet été, on a adapté nos propositions en organisant simplement des journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible,…), de création artistique. On va s’adapter aux nouveaux contextes pour continuer à vivre une fraternité qui tient ensemble, qui relève chacun.

 

« Tends ta main aux pauvres. » Si. 7,32

Titre du  message pour la Journée mondiale des pauvres du pape François, le 15 novembre 2020 

Retour de la rencontre du 12 septembre 2020 à la cathédrale Saint Jean de Lyon

« Il faut que dans les paroisses nous ne soyons pas seulement des individus qui fassions quelque chose, mais qu’aussi agisse la paroisse en tant que communauté. Être chrétien en effet, c’est écouter ( le cri de la Terre – le cri du pauvre) ; c’est agir ; c’est oser dire au nom de qui nous agissons. Nous ne sommes pas seuls : pour écouter il faut être avec les autres ; pour agir, il faut être ensemble. »

C'est par ces mots que notre évêque, le Père Michel Dubost, a accueilli les 80 représentants des 35 paroisses et de la 10aine de mouvements qui ont souhaité partager la dynamique solidaire qui a été à l’œuvre dès le début de la crise sanitaire.

Rappelant la parole du Pape François selon laquelle la solidarité est précisément une voie pour sortir meilleur de la crise, le Père Éric Mouterde a introduit les différents témoignages proposés à l’assemblée dont il se dégage deux lignes directrices : la joie de servir et la joie d’aimer. Entre vidéos et prises de paroles nous avons découvert la paroisse de Vaugneray qui s'est lancée dans la confection de blouses pour les hôpitaux et la distribution de masques ; le Secours Catholique a fait témoigner une jeune femme migrante qui a été aidée et soutenue durant le temps du confinement ; la Communauté du Sappel à Vénissieux a fait témoigner une jeune femme handicapée et sous tutelle ; Notre Dame des sans abri a donné la parole aux  gens de la rue ; un membre du Service évangélique des malades nous a dit ses visites à domicile ; enfin un migrant a pris la parole avec l'Aclaam, la cellule Migrants du diocèse…

L’assemblée s’est répartie ensuite par petits groupes pour que chacun fasse part de son expérience à la lumière des deux questions suivantes :

1 - Avec qui, comment et en quoi la crise sanitaire a-t-elle stimulé votre paroisse ou votre mouvement dans l’attention aux plus fragiles ? 

2 - Pour la suite, face à la crise économique et sociale qui se profile, quelle dynamique, quels moyens allez-vous mettre en œuvre pour poursuivre cette attention aux plus fragiles ?

A la 1ère question on peut repérer bien des initiatives ont été conduites en lien avec d'autres associations chrétiennes ou non, mais aussi avec les services des mairies. Ces initiatives solidaires ont été souvent la poursuite d'un travail déjà entrepris, mais la crise a aussi stimulé des nouvelles initiatives. Dans certains cas ce temps très particulier a permis à bien des personnes de se lancer dans des actions d'aide, mais on doit aussi noter que certaines associations ont dû cesser leurs activités car souvent animé par des personnes que leurs fragilités, leur âge obligeaient à rester confinés.

Reste que tout cela a permis des actions à « la Prévert », tant les initiatives ont été diverses selon les paroisses ou les mouvements, selon les possibilités et les moyens des uns et des autres, selon les publics qui ont pu être rejoints… Ainsi le soutien scolaire auprès des jeunes migrants, les efforts liturgiques par vidéo dans le temps de confinement, les maraudes pour apporter des repas et produits d'hygiène aux gens de la rue, les appels téléphoniques aux personnes seules, les affiches dans les halls d'immeubles pour dire les disponibilités pour les courses, les informations données pour rejoindre des organismes d'aides ou de soutien comme les CCAS, la confection de colis solidaires en lien avec des producteurs locaux, des courriers aux prisonniers ou aux résidents d'Ehpad, l'ouverture d'une nouvelle structure d'accueil pour des femmes seules avec enfants, travail d'aide en lien avec les services sociaux des mairies, la création d'un accueil de jour ouvert une fois/semaine..., trouver l’équilibre entre l’aide directe et la mise à disposition de chèques-service…

Mais il faut cependant souligner que des difficultés ont surgi pour rejoindre des personnes isolées car non repérées, ou non joignables. Si Internet a été un outil utile, son absence, chez certains, a contribué à les marginaliser encore, notamment pour les enfants qui n'ont pas pu être rejoints par leurs enseignants ou pour certaines personnes âgées. La distanciation sociale met en  difficultés aggravées les sourds et les aveugles dans leurs relations sociales.

A la 2ème question, en fait, nous avons essayé de répondre en même temps à cette interpellation de Michel Dubost qui a lancé : « Et maintenant que voulons-nous faire ? » « Nous » ce sont les paroissiens et les membres de nos mouvements ; mais « nous » c’est aussi nous et les autres acteurs de la solidarité que nous savons rejoindre dans la vie de la société ; « nous » c’est aussi nous et les personnes en précarité qui sont aussi acteurs de leur vie.

Dans cet esprit commun les petits groupes ont donc ouvert des pistes : conforter ou ouvrir des pôles Solidarité dans nos paroisses ; se libérer des peurs, s’ouvrir à la dimension spirituelle de la charité ; s’appuyer sur celles et ceux qui se sont engager lors du confinement ; poursuivre les actions nouvelles initiées pendant cette période : confections de paniers solidaires, visites dans les Ehpad et à domiciles, poursuivre les trocs services / compétences ; travailler à rejoindre les « invisibles » isolés, étrangers, personnes âgées, malades, mères célibataires.. ; commencer à penser les conséquences de l’hiver sur les plus démunis ; donner leur place aux jeunes avec leur propre approche de l’engagement ; voir les possibilités  des entreprises pour que les salariés donnent de leur temps et/ou qu’elles mettent à disposition des logements ; nécessité de retrouver des contacts en présentiel pour des relations plus chaleureuses ; trouver un référent par paroisse pour la pastorale des personnes handicapées ou isolées ; création de cellules d’écoute dans les paroisses ; créations de journées fraternelles de rencontres, de partages (sur des thèmes, sur la Bible, …), de création artistique…

Comme envoi, le Père Michel Dubost nous a invité d’abord à regarder, ensuite à remarquer, car le plus difficile est de remarquer les personnes qui ne veulent pas être remarquées. Il faut donc de la créativité : Soyons des chercheurs qui créent le lien, dit-il, mais attention : il s’agit de s’engager dans la durée. 

Voir aussi son message : « Laissez-moi vous parler d’amour. »

Merci à toutes celles et ceux qui ont permis ce compte rendu, notamment Irène Madzar et Jean Michel Ghinsberg 

Déclaration du Conseil des Mosquées du Rhône :

A la suite du dernier attentat de Nice, ou un jeune terroriste a tué sauvagement trois personnes dans la cathédrale, beaucoup de musulmans ont tenu à dire leur indignation et leur solidarité aux chrétiens. C’est ainsi qu’une délégation de fidèles de la salle de prière de la grande rue de Saint-Clair a participé à la messe du 1 er novembre à 10h en l’église Saint-Romain. Ils ont lu à l’assemblée une déclaration publiée par les principaux responsables des mosquées du Rhône. Nous vous partageons ce texte.

Père Christian DELORME

Le terrorisme vient une fois de plus frapper notre pays, une fois de plus notre pays pleure des êtres chers, qui ont été enlevés à leurs familles, à leurs amis. 

Ce crime que chacun d’entre nous condamne avec la force du désespoir, nous interpelle en tant que croyants et citoyens de ce pays car il nous rappelle l’assassinat horrible dont a été l’objet le Professeur Samuel Paty la semaine dernière. 

Nous avons été nombreux à dénoncer ce crime, nous le serons encore plus aujourd’hui à le faire, car ces deux crimes, ont touché des institutions symboles de notre société, l’Ecole Républicaine et l’Eglise Catholique. En agissant contre ces institutions c'est à l'essentiel du vivre ensemble à quoi l'on a voulu attenter.

Le Conseil des Mosquées du Rhône (CMR) condamne avec force l'odieux attentat terroriste, qui a visé des personnes qui célébraient leur foi à la basilique Notre Dame de Nice, 

Dans ces circonstances tragiques, nos pensées vont d'abord aux familles des victimes, ainsi qu'à l'ensemble de la communauté catholique qui vient d’être durement éprouvée par l’horreur de ce crime.

Le CMR appelle la communauté Musulmane à manifester sa solidarité avec les catholiques de la basilique Notre Dame de Nice et à la communauté catholique de notre pays, durement éprouvée par ce crime 

Devant l’abjection de ces crimes, nous lançons un appel à l'union nationale de tous les Français pour briser ce climat de haine et de violence que certains s'évertuent à entretenir dans notre pays. 

Notre pays a toujours su dans les moments difficiles de son existence faire face à l'adversité rester debout, solidaire et fraternel.

Par signe de solidarité avec la communauté catholique qui s’apprête à célébrer la toussaint, le CMR a décidé de suspendre toutes les festivités qui étaient programmés aujourd’hui et demain prévues pour célébrer la naissance du prophète de l’Islam Mohamed.

Histoire de la Non-Violence à Lyon

  • Il est toujours temps...

     

    Le Monde et la Terre sont en crise et nous subissons de plein fouet les conséquences des bouleversements en cours quel que soit le domaine considéré : climat, économie, santé, société, migrations...

    Mais partout des voix s'élèvent pour dénoncer les causes et proposer des changements urgents. Des témoins du passé qui par leur altruisme héroïque ont prouvé qu'il était possible d'infléchir des situations critiques, sont convoqués pour appuyer la nécessité d'espérer toujours, et de résister courageusement afin de reprendre les faits et paradigmes des régimes dominants, et les suprématies diverses insidieusement imposées par des grandes structures internationales.

    Parmi ces voix aujourd'hui, pouvant susciter la nécessité d'une prise de conscience et de position, celle du Père Christian Delorme qui vient de publier un ouvrage exaltant concernant :

    « L'Histoire de la Non-Violence à Lyon » (1)

    dont nous reproduisons ci-après la présentation et les références :

    « La non-violence est chez elle en terre lyonnaise, depuis longtemps ! Dès les années 1920, des Lyonnais se sont enthousiasmés pour la personne, l'action et la pensée du Mahatma Gandhi. Sous l'Occupation allemande, durant la Guerre d'Algérie, au temps de la lutte des paysans du Larzac, en solidarité avec les peuples victimes de dictatures ou de la militarisation, avec les femmes prostituées ou les jeunes issus des immigrations de l'ancien empire colonial français etc... de multiples luttes ont été menées entre Rhône et Saône selon les principes du refus de la haine, de la non-coopération avec l'injustice et de la désobéissance civile. Martin Luther King Jr, Helder Camara, Lanza del Vasto, et plusieurs de leurs disciples, sont venus à Lyon, y ont laissé des traces et des adeptes. Ce sont ces cent ans d'histoire dont fait mémoire, ici, Christian Delorme, montrant comment se produit et se partage une culture de la paix et de la non-violence.»

    Henri Roth

     (1) L'Histoire de la Non-Violence à LyonChristian Delorme - Mémoire active – 3 juin 2020

      Ce livret est disponible à l'Accueil de la Maison Paroissiale (10 ).

     

Le baptême de Denada

Le baptême de Denada 

Le baptême de notre amie était prévu pour la Nuit pascale, mais le surgissement de la pandémie du Covid-19 a tout bouleversé. 

Dimanche 5 juillet, toujours à Saint Romain, Denada aura été baptisée à son tour, par le père André Baffert qui l'accompagne depuis deux ans. Denada, maman de deux enfants (presque trois!), a un parcours très douloureux au cours duquel elle a risqué plusieurs fois sa vie. La France vient de lui reconnaître ce qu'on appelle la "protection subsidiaire", qui lui permet de vivre dans notre pays. Elle a fait elle aussi une rencontre déterminante et transformatrice avec le Christ 

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Denada recevra dans quelques mois la confirmation au sein de notre ensemble paroissial.