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Edito de Juillet 2017

Et si l'on faisait « vacance » à l'intérieur de soi ?

Il est toujours instructif d'aller chercher l'étymologie des mots que nous employons... Ainsi me suis-je inquiété de savoir d'où venait ce terme de « vacances » qui désigne les semaines et les mois où les enfants sont dispensés de se rendre à l'école et durant lesquels les adultes peuvent cesser leur travail. Cet usage du mot, en fait, est récent : il date du XXème siècle et tout particulièrement de l'institution, dans nos démocraties occidentales, des « congés payés ». Auparavant, le vocable « vacance », au singulier, désignait le temps pendant lequel un emploi se trouvait sans titulaire. On utilise d'ailleurs toujours l'expression « emploi vacant », comme on parle de « logements vacants » quand il s'agit d'habitations non occupées.

 Mais, au singulier comme au pluriel, le mot a la même origine latine : le verbe « vacare », qui signifie « être vide », ou encore être « inoccupé »... c'est-à-dire être « sans occupant » ! On comprend très bien le « pourquoi » de l'évolution de la signification du terme. Être en vacances, c'est bien se retrouver « vide » d'occupations scolaires ou professionnelles. Mais est-ce, pour autant, se retrouver vraiment « vide » – ou « vidé » – d'occupations, ou encore de... préoccupations ?

Quand on a la possibilité de « partir en vacances » (ce qui n'est pas offert à tous, nous le savons), il est naturel et certainement heureux que l'on soit plein de désirs et de projets, d'envies de « faire autre chose » que ce que l'on est souvent contraint d'accomplir durant le « temps ordinaire » de l'année. Mais le risque existe de vouloir en faire trop et, justement, d'oublier de « faire le vide ». De tenter de nous « distraire » de tout ce qui nous pèse, davantage que de nous en libérer.

Or pour accueillir en soi du nouveau, du bon, du salutaire, il faut d'abord parvenir à se vider de ce qui nous encombre, de ce qui nous aliène, de ce qui nous parasite... Il nous faut reposer notre corps... mais aussi notre âme. À l'une comme à l'autre, il faut permettre de pouvoir se libérer de la fatigue, du stress, des tensions, des conflits, des rancunes ; pouvoir se libérer de tout ce qui les  « pollue » de manière néfaste ; pouvoir se libérer des « Je n'ai pas le temps ! ». Et pour cela, il faut justement savoir prendre du temps. Prendre du temps avec les êtres aimés, les écouter, leur donner une qualité de présence comme on ne parvient pas toujours à le faire au long des autres jours. Prendre du temps avec soi, faire le point sur la situation qui est la nôtre, sur notre satisfaction ou notre insatisfaction d'être ce que nous sommes présentement. Prendre du temps avec Dieu, plus que nous ne le faisons en d'autres moments, en lui parlant davantage, en l'écoutant dans le silence de notre cœur, en contemplant l'œuvre de sa Création.

Seigneur, aide-nous à entrer véritablement en « vacance » !

Christian Delorme