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Edito de Octobre 2019

Tous appelés à être missionnaires !

 

Les papes succèdent aux papes... L'autorité de chacun réside dans son appartenance à cette chaîne des successeurs de l'apôtre Simon-Pierre, et au souci que chaque « vicaire du Christ » a de ne prétendre à rien d'autre qu'être un « maillon » relié aux autres maillons. Quand bien même chaque « souverain pontife » apporte sa propre personnalité, ses propres charismes, introduit parfois des ruptures avec ce qui a pu être pensé, dit et fait à une période de l'histoire, il est toujours conduit à se référer à ce que ses prédécesseurs ont accompli, et à parler et à agir en fonction de l'héritage reçu.

 

François ne déroge pas à cette règle. C'est ainsi qu'il a tenu à marquer spécialement, en ce mois d'octobre 2019, le centenaire de la lettre apostolique « Maximum illud » du pape Benoit XV, traitant des missions catholiques dans le monde. Benoit XV a été le pape qui a vécu avec un immense déchirement la tragédie de la Première Guerre mondiale. Au sortir de celle-ci (qui fut une sorte de « guerre civile européenne » où s'étaient affrontés et tués des combattants majoritairement chrétiens), ce pape a eu le souci d'un nouvel élan pour l'Église avec un effort nouveau de transmission de l'Évangile aux nations ne connaissant encore pas le Christ. Il eut, également, la préoccupation que colonialisme et évangélisation ne restent pas liés, et qu'émergent partout des clergés autochtones.

Cent ans plus tard, où on est-on ? Jamais il n'y a eu autant de chrétiens dans le monde ! La Chine s'ouvre chaque jour davantage au christianisme (majoritairement d'essence évangélique). Les Églises d'Afrique Noire (d'obédience catholique, protestantes et évangéliques) sont extrêmement jeunes et dynamiques. L'Amérique (où les Églises évangéliques sont dans une concurrence douloureuse avec l'Église catholique) reste le premier continent chrétien du monde. Paradoxalement, l'Europe qui fut chrétienne durant tant de siècles et qui a largement contribué à faire connaître le Christ sur les cinq continents, devient majoritairement « post-chrétienne », étrangère au christianisme. Nul besoin, pour en prendre conscience, de lire des enquêtes de sociologues : nous le mesurons tous au sein de nos propres familles !

Jésus n'a jamais demandé à ses disciples de « faire du chiffre ». Il leur a commandé de témoigner partout de l'avancée du Règne de Dieu en apportant aux hommes bénédictions, guérisons, encouragements. Autrement dit, il leur a demandé d'aimer l'humanité comme lui-même l'a aimée !

Parfois on a confondu le fait d'être témoins du Ressuscité avec des stratégies de propagande, et on a assimilé l'évangélisation à la quantité de baptêmes et d'autres sacrements dispensés. Cela ne mène qu'à des impasses. Être missionnaire, c'est d'abord vivre soi-même du Christ et rendre compte de son amour autour de soi. Le reste appartient à Dieu !

Christian Delorme