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Edito d'Octobre 2014

« Heureux les artisans de paix ! »

La violence est malheureusement inscrite dans le cœur de l‘homme, et il n’existe pas de périodes dans l’histoire humaine où celle-ci se soit montrée absente. Il y a, cependant, des moments plus critiques que d’autres, où des idéologies meurtrières se diffusent largement et où la barbarie se déchaîne de manière dévastatrice. C’est ce que toute une partie du monde vit actuellement, particulièrement avec le surgissement de l’État islamique en Syrie et en Irak, avec la guerre sanglante entre musulmans sunnites et musulmans chiites, avec la persécution des minorités au Proche-Orient. Après des siècles de « convivance » plus ou moins heureuse, les chrétiens du monde arabe se voient de plus en plus poussés sur les routes de l’exil, et on peut craindre qu’ils ne soient bientôt plus présents du tout (sauf en Égypte) dans ces terres qui ont été touchées par le christianisme dès les débuts de la prédication de l’Évangile aux nations. Aujourd’hui déjà, plus de la moitié des quelque 32 ou 34 millions de chrétiens d’Orient vit à l’extérieur du Proche-Orient, principalement dans les deux Amériques !

 

 

Ces drames qui se jouent depuis tant d’années au Proche-Orient nous touchent, nous les habitants de France, de manière de plus en plus directe. Terre d’immigration depuis plus d’un siècle et demi, notre pays est de plus en plus multiethnique, multiculturel, multireligieux. Près de 10 % de la population française actuelle a un lien familial avec l’islam. La communauté juive de France, avec quelque 600 000 ou 700 000 membres, est la plus importante d’Europe. De plus en plus de chrétiens d’Orient viennent demander l’asile parmi nous. Ces derniers jours, un de nos compatriotes parti faire de l’alpinisme en Algérie a été enlevé, égorgé, décapité pour la seule raison qu’il était français et donc coupable d’appartenir à une nation dont l’armée est engagée désormais contre l’État islamique. Antisémitisme et islamophobie se développent dans les cœurs et dans les comportements de beaucoup qui nous entourent.

 

Notre devoir de disciples du Christ est d’être attentifs à tous ces événements, d’avoir le souci de comprendre ce qui se passe et aussi de prier et d’œuvrer pour la paix. Dans notre diocèse, notre archevêque, le Père Philippe Barbarin, nous indique la voie à suivre : efforts soutenus pour développer des relations d’amitié avec les musulmans et les juifs de notre diocèse, et solidarité concrète avec les chrétiens d’Orient. Le diocèse de Lyon est maintenant jumelé avec celui de Mossoul, l’antique Ninive. Nous verrons ces prochaines semaines comment nos paroisses de Cuire peuvent s’inscrire dans ce jumelage.

 

Christian Delorme