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Edito de Septembre 2016

Semeurs d'espérance et artisans de paix

Les rires des enfants ont retrouvé, ce jeudi 1er septembre, le chemin des écoles. Avec eux, ce sont aussi les embouteillages aux abords des établissements scolaires, aux heures d'entrée et de sortie des cours, qui ont fait leur retour. Mais mieux vaut des embouteillages aux portes des écoles avec beaucoup d'enfants, qu'une société sans embouteillage parce que sans enfant !... Ces enfants, parmi lesquels ceux de nos familles, sont l'avenir de notre société et notre joie. Ils sont les visages de notre espérance. C'est pour eux d'abord que nous ne renonçons pas à ce que le monde soit meilleur. Pour eux que nous sommes capables de penser l'avenir et pas seulement le présent.

Avec les tragédies de Nice et de Saint Etienne de Rouvray – pour ne parler que des drames qui ont endeuillé la France ces dernières semaines – notre été a été fortement perturbé, et nous vivons une rentrée inquiète. Que nous réservent les mois à venir ? Comment réagirons-nous, comment réagira la société française si d'autres attentats horribles viennent à être perpétrés, ce que l'on est fondé à redouter ? Cette année scolaire et sociale 2016-2017 va être, de plus, marquée par plusieurs mois de campagnes électorales et on sait tous les dangers que peuvent constituer certains discours en de pareilles périodes. Nos responsables politiques résisteront-ils aux tentations démagogiques et populistes ? Sauront-ils chercher prioritairement la paix sociale avant leur propre intérêt ? Peut-être pourrons-nous les aider à bien se conduire, en étant vigilants et exigeants à ce sujet ?

 

Notre foi chrétienne nous donne des responsabilités. Etre disciple du Christ Jésus, c'est avoir le souci de nous laisser « christifier » nous-même, et c'est avoir la préoccupation d'insuffler au moins un peu de l'esprit du Christ dans notre monde. Ce dimanche 4 septembre, le pape François va présider la canonisation de Mère Teresa de Calcutta. Le samedi 17 septembre, le diocèse de Lyon fera particulièrement mémoire des sept moines martyrs de Tibhirine, tués en 1996. Pourquoi la religieuse albanaise de Calcutta et les sept cisterciens d'Algérie ont-ils touché le cœur de tant de gens à travers le monde ? Pourquoi ressentons-nous le besoin de cultiver leur mémoire ? Tout simplement parce qu'ils ont, par leur témoignage de vie, apporté du bien aux hommes de notre temps, apporté de l'amour, apporté de la paix, apporté de l'espérance. Nous les admirons à bon droit pour cela, mais il ne suffit pas de les admirer : il faut, aussi et surtout, essayer de modeler notre existence sur la leur. Etre nous aussi des semeurs d'espérance. Etre nous aussi des artisans de paix. Etre – simplement ! – des visages du Christ au cœur du monde, car c'est à cela que nous appelle la chrismation de notre baptême. Défi impossible ? Non. Car nous pouvons tous donner de la tendresse. Nous pouvons tous choisir de tenir des discours de paix et de réconciliation plutôt que des propos de haine et de division. Nous pouvons tous faire œuvre de charité en diverses occasions. Surtout si nous décidons de nous comporter ainsi ensemble, avec le secours de notre communauté.

Christian Delorme